L’histoire fondatrice de nos stages pour couples

Deux individus se rencontrent et découvrent avoir une affinité l’un pour l’autre. Cette affinité est telle, qu’elle les pousse à créer une relation, qu’ils espèrent durable, alors même qu’elle peut fortement perturber les habitudes de vie et les projets individuels de chacun. Ces deux individus commencent alors à « se raconter un couple », pour établir un récit fondateur, pour écrire le « conte » de l’existence du couple.

Le récit (ou mythe) fondateur du couple c’est la petite histoire que les conjoints se racontent pour expliquer leur rencontre et le lien « irrationnel »qui les unit, pour représenter les valeurs partagées par lesquelles ils ressentent leur appartenance, leur attachement.

Pour nourrir cette croyance dans le mythe fondateur, il est nécessaire que le couple s’engage à la renforcer, par des rituels, des célébrations, métaphoriques, symboliques. Cet engagement demande disponibilité et énergie, et aussi confiance, bienveillance, mais encore pardon et don.
Or, le problème du couple contemporain est qu’il passe son temps et son énergie dans la recherche de vérités « vrai », susceptibles de consolider la valeur de son récit fondateur, de confirmer l’importance de leur attachement et même promettre la pérennité de son existence.

Lorsque ces évidences deviennent des certitudes insatisfaites ou des attentes inassouvies, alors apparaissent des manques, des plaintes, des tensions, des conflits, souvent difficiles à comprendre par leur incroyable banalité. Tout cela vient noircir le récit fondateur du couple. La relation émotionnelle du couple est alors entachée, jusqu’à parfois disparaître. Il ne reste souvent plus qu’une « relation commerciale » où chacun s’estime lésé par l’autre (1). Les couples parlent d’ailleurs souvent de « compte qu’ils veulent régler » et rarement du « conte qu’ils veulent rêver ». Dans ce contexte relationnel, il devient délicat, pénible, difficile, d’avoir confiance, d’être dans la bienveillance, de refaire un pas vers l’autre, de se rendre disponible au dialogue, à la relation affective, sexuelle. Rester dans les comptes créera un rapport de force conflictuel interminable, fatiguant et usant, et produira une rancoeur nuisible, qui signifie souvent la fin du couple puisqu’il ne possède plus aucune projection dans l’avenir.
En revanche s’engager dans un cycle de don (circulaire) n’a pas de limite précise dans le temps ; on donne parce qu’on pense qu’on a reçu ou que l’on va recevoir. Pour les Maoris de Nouvelle Zélande, tout don contient un pouvoir très fort (le « hau »), qui exige que le cycle du don s’accomplisse, qui assure qu’un don que l’on fait doit tôt ou tard dans l’avenir être payé en retour. « Celui qui néglige le « hau » et interrompt le cycle du don s’expose à la vengeance des esprits de la nature, il risque aussi de faire apparaître dans la durée, le cycle de la vengeance, qui peut déclencher un enchaînement de catastrophes (Marcel Mauss)». A l’inverse, lorsque chacun des partenaires donne en confiance parce qu’il pense recevoir plus tard, sans savoir quand et sous quelle forme, cette idée nourrit le « hau », entretient la croyance dans l’existence du couple, dans son mythe fondateur (2).
Telle est l’inspiration qui a guidé l’élaboration de nos de stages pour couples.

Pourquoi participer à nos stages couples ?

Dans nos stages, les couples arrivent souvent avec sous le bras leur livre de comptes, mais ils sont surtout en quête de reconnaissance mutuelle de leur histoire de couple. A travers nos propositions d’animations, nous leur proposons de (re)vivre, de se (ra)conter leur récit fondateur, qui est la raison d’être de l’existence du couple. Le récit ou mythe fondateur« est une pensée magique et poétique à laquelle les deux amoureux croient pour de vrai, sinon ça ne fonctionnerait pas ».
Dans nos stages, les couples participants sont sortis temporairement du cycle du don. A travers nos propositions d’animations, nous leur proposons de (re)tisser du lien, de (re)nouer contact avec leur « hau » relationnel, c’est-à-dire d’être dans le don, en confiance, de s’accorder le droit de donner et de recevoir.

Le pouvoir magique de la relation établit sur la base du cycle du don est de qualité infiniment supérieur en ce qui concerne le bien-être et le sentiment de sécurité de chacun des individus du couple.

Notre approche dans le cadre de nos propositions d’animation vise ainsi, d’une part à être des conteurs d’histoires pour faire vivre et nourrir le récit fondateur du couple ; d’autre part à être des esprits de la nature pour faire émerger et se poursuivre le cycle du don, le « hau » relationnel.